Nouvelle émission d’un seul épisode : « l’avis personnel que personne n’attendait de Bebloit Boblando «
« Qu’est-ce qui fait un « bon film » ? »
C’est un sujet qui revient assez souvent dans les conversations que je peux avoir avec les gens que je côtoie, et comme ça me trottait en tête, je le partage ! 😀
Tout d’abord, un film c’est un récit qui nous est raconté par quelqu’un, c’est un conte. Que ce soit une fiction ou un documentaire, les spectateurs s’attendent à ce qu’on leur raconte une histoire. Un cinéaste c’est un œilleton qui offre à voir des mondes.
Le conteur est tout aussi important que l’histoire en elle-même : comme pour les histoires drôles, certaines personnes ont le talent de transformer des anecdotes en périples extraordinaires ; tandis que d’autres arrivent à faire des flops avec des histoires palpitantes. Donc trois éléments ressortent :
– l’histoire que l’on raconte, qui doit garder une forme de cohérence pour ne pas briser le lien qui se tisse avec le conteur,
– l’interprétation de cette histoire, et
– la manière dont on la raconte.
C’est pourquoi, avec un même scénario, il est possible de faire une infinité de films, qui pourront tous êtres aussi intéressants les uns que les autres. Parce que ce qui compte, c’est votre point de vue de conteur.
L’interprétation est aussi très importante : les spectateurs s’attachent à l’histoire par empathie aux personnages, le jeu des comédiens et des comédiennes (mais aussi et surtout la direction que l’on en donne) doivent permettre aux spectateurs de se projeter dans le film. S’ils ont l’impression de voir quelqu’un qui joue le rôle de quelqu’un d’autre, cela crée une distance que le spectateur n’arrivera pas à réduire pour rentrer dans le film.
Le casting est très important : il faut choisir la bonne personne pour le bon rôle. Mais une fois que nous avons la bonne personne, il faut la guider, l’aider à entrer dans son personnage, lui donner de la matière.
En tant que spectateur, nous blâmons souvent les acteurs pour leurs rôles, parce qu’ils sont le vaisseau à travers lequel nous vivons l’histoire, mais ce ne sont pas eux les fautifs mais bien les personnes qui les ont choisies et les ont guidées.
Ensuite, un film c’est du son, et le son c’est l’immersion. Plus votre son sera construit, plus on aura l’impression d’être au milieu des personnages, de vivre ce qu’ils vivent. Le son ce n’est pas que de la musique, c’est la captation des mots des acteurs, ce qui donne la sensation de proximité avec eux.
C’est aussi la création d’univers. Ce qui rend crédible une scène c’est d’entendre les sons, les bruits qui entourent le personnage. Une ville, c’est le son des voitures, de la circulation, des klaxons, des rires de passants, c’est un vendeur qui crie au loin, c’est un ensemble de sons qui créent une empreinte, qui stimulent notre cerveau et nous plonge soit dans des lieux inconnus, soit dans des lieux que l’on connaît très bien. Qu’est-ce que Star Wars sans le son de ses vaisseaux, de ses sabres lasers, de ses blasters, du langage des extraterrestres, des bips des droïdes, etc.
Le cinéma c’est une image en mouvement, 24/25/50/60 photographies à la seconde. Très souvent et naïvement (on l’a tous pensé), on pense que ce qui fait un “beau” film c’est la caméra que l’on utilise, je cite : “pour faire un film qui ressemble à ceux du cinéma, il faut une caméra de cinéma”.
Sauf que ce n’est pas ça le plus important, cela joue bien sûr, mais à la marge. Ce qui différencie un film “amateur” d’un film “comme au cinéma”, c’est la composition d’image. Et un des éléments les plus importants de cette composition, c’est la lumière. Avant d’acheter une nouvelle caméra, acheter des panneaux LED, des projecteurs, apprenez à sculpter la lumière. Réfléchissez à comment vous souhaitez présenter votre personnage, à comment positionner votre caméra dans le décor.
Si vous filmez une mère ou un père engueulant son enfant, qui avez-vous envie d’être dans cette scène ? La mère, l’enfant ou une personne tierce : un autre enfant, un adulte, un voisin qui assiste à la scène ? Selon la réponse, vous positionnerez votre caméra différemment, vous éclairerez votre scène différemment. Et donc vous donnerez des sentiments différents aux spectateurs.
Si vous êtes l’enfant et que vous subissez, vous pourriez appuyer la domination de l’adulte par une contre plongé et en accentuant les ombres sur le visage, pour faire sortir les arêtes. Si vous êtes un voisin, avec une longue focale et laissant la caméra sur un trépied, vous pourriez accentuer la distance entre vous et la scène, donner une impression de la vivre, tout en étant de loin de celle-ci. Et s’il y a de la violence inacceptable, cela peut même créer un malaise : choquer le spectateur que vous rendez passif et impuissant mais toujours voyeur.
Un film c’est votre vision d’une histoire qui existe sans vous. Qui avez-vous d’être, de défendre ? Avez-vous envie d’être le plus objectif possible, de montrer une situation sans juger, avez-vous envie d’être un porte parole, de donner la voix à quelqu’un, ou autres ?
Bref, pleins d’éléments, pleins de sujets, j’ai pris des raccourcis mais vous avez ma vision des choses 🙂
Pour compléter :
Sur ce site internet, on parle de composition photographique : ici
Dans ces vidéos, les vidéaste montrent comment ils ont construit la lumière de scènes, en montrant ce qu’il y avait avant et ce qu’il y avait après :