
Bonjour et bienvenue,
Bienvenue dans ma grotte, mon antre, un lieu de repos où les murs sont décorés de fresques colorées. J’y ai entreposé mon travail et mes histoires. Il y a des poèmes, des nouvelles, des courts métrages, des photographies, des textes particuliers, des projets pas encore aboutis. Il y a beaucoup de choses et peu en même temps. Le seul produit de mon imagination, sans qu’il n’y ait jamais besoin de présentation. Vous ne saurez pas grand chose de moi, et ce n’est pas plus mal : à quoi bon connaître mes déboires, si cela n’en fait pas de bonnes histoires ? Car oui, ce que l’on produit nous raconte en partie, mais il y a aussi une part de fantasme, de rêveries, de fantaisie ! Voilà qui est bien plus intéressant à lire, à voir, à ressentir.
Je vous invite donc dans ma galerie pour passer quelques minutes en ma compagnie. Nous pourrions converser par monologue interposé ; parler du monde, des grandes idées. Qu’en dîtes-vous, ce projet vous intéresse-t-il ?
Asseyons-nous quelques instants, prenons notre temps pour ne pas nous juger trop rapidement.
Vous voyez cette peinture posée à gauche et au dessus de ce texte ? La dame en noir de Sir John Lavery. J’ai croisé son regard dans un musée en Irlande et je dois dire qu’elle m’a littéralement charmé. Il y a quelque chose dans ce regard qui ne peut que vous faire sourire, rougir. Cette femme oscille entre deux attitudes : le sérieux et l’amusement. La pose non naturelle qu’elle a sur cette chaise nous place tout de suite dans un contexte anormal. On sait que tout est faux, qu’elle attend le dernier coup de pinceau, que l’artiste la libère. Mais elle nous regarde, elle nous fixe à travers le temps avec un message dans les yeux. Et ce message là, même s’il est travaillé, est lui tout à fait honnête. Ce tableau est hybride, il fait le pont entre la peinture et la photographie. N’aurions-nous pas pu prendre cette dame en photo telle qu’elle est représentée ? Saisir cet instant précis où elle plisse les yeux. Peut être même est-ce le cas : le peintre a pu la prendre en photo avant de la peindre à partir de ce support. Mais même là, nous sommes face à une peinture et non une photographie, ce n’est pas le modèle qui a transmis le message mais le peintre qui a tracé ses traits. Combien de temps a-t-il passé pour donner vie à cette femme ? Quel a été son travail sur ce regard ? Et surtout comment a-t-il réussi à s’effacer pour que sa création prenne vie, pour que l’on y croit et que l’on oublie qu’un homme l’a produit ?
J’aime ce tableau parce que je suis tombé amoureux de la bête et non du docteur qui lui a donné vie.
Ce temps est terminé. Je vous invite à vous balader, à venir et à repartir comme bon vous semble. Je suis là, derrière la typographie, à votre disposition pour converser, pour recevoir vos critiques et jolis mots. Je vous laisse maintenant. Merci à vous et bonne visite.
Bonjour Benoît,
Que c’ est bien écrit !!
Un délice de mots qui induisent un certain état d’ âme et… un état d ‘âme certain !
Merci pour cette profondeur du regard générant une authenticité du ressenti.
Bien sincèrement,
Françoise Crasnier
Merci beaucoup pour votre message ! 🙂
Superbe texte sensuel et proustien… un délice ! Comme quoi ma théorie est vraie … beaucoup de grands écrivains restent dans l’ombre d’internet ; anonymes sans s’en soucier d’avantage , égaux à eux mêmes et sans souci de gloire, modestes quand ils soufflent la braise de l’infini , écrivains sans oeuvres, artistes sans salaires , génies méconnus … partageurs sans gloire ni honneur du haut d’une conscience collective … voilà ce que m’évoque votre texte …