La danse qui ne pouvait s’arrêter

Au milieu des volutes de fumée, Dans un brouillard que nous nous sommes créés, Nous dansons, elle et moi, pour oublier, Oublier que nous avons un passé, Et des témoins pour nous en rappeler. D’abord distant, nous nous sommes approchés, De côté, comme pour nous éviter, Mais nos regards ne pouvaient se délier Comme attirés,…

Seule la mort peut te voler ta vie

Tu peux attendre ici qu’un train passe, Rester assis avec ton air las, Mais ce monde continue de tourner, Cette femme t’as déjà oublié. Personne ne viendra à la station, Tu n’auras pas ta réconciliation. Cette histoire, il est temps de la finir, Il ne sert à rien de la relire. Prends ton sac et…

Le répit

C’était un bel après-midi de printemps, nous ne portions que des habits légers. Elle me distançait de quelques pas. Elle avançait détachée du monde, gracile comme toujours. A l’embouchure d’une rue, une brise chaude remonta dans notre direction. Quelques mèches de ses cheveux s’envolèrent, elle ne fit aucun mouvement pour les replacer. Le regard en…

J’ai rendu visite à mémé

Cher journal, je dois te conter Ce qui vient juste d’arriver. Aujourd’hui, j’avais décidé De ne plus être endetté. Je suis donc allé chez mémé, Car elle est vieille et retraitée. En plus, elle est un peu cinglée. J’ai débarqué pour le goûter Et bouffé des trucs périmés, C’était rance et ça puait les pieds….

Haïku – 1 à 6

1 Mains sur le manche, Il balaie les étoiles, Nettoie les cendres. 2 Elle est un rire, Elle rit comme elle aime, La vie lui sourit. 3 Lumière sur toi, Danse la jeune étoile, Tu brilles en scène. 4 Ils ont peur d’elle, Craignent qu’elle les vole, Cachent leurs ailes. 5 On l’a dit folle,…

Le rouge-gorge

Elle avance dans le brouillard, Les mains tendues vers l’inconnu, Qui un matin, peut-être un soir, L’aimera pour son âme nue. Elle est tenue à la gorge, Corsetée autour d’un soutien ; L’arbre nid d’un rouge-gorge, Qui tissa de son chant, des liens. Elle avait cru aux envolés, Aux piaillements d’un homme neuf, Mais dont…

Je suis mort un vendredi

Je suis mort un vendredi. Le sang avait un goût de plomb Et les rêves s’écrasaient sur le béton. Bang bang Voilà tout ce que j’ai entendu Bang bang J’étais déjà au sol Bang bang Une boite de sapin glissait sur le goudron Tire ! Tire !! Tire !!! Et vois ! Tire ! Tire…

La dernière demeure

Une ligne droite, une pente douce Des pas lents, un pouls faible Tu te laisses porter par le courant Une légère brise passe dans ta nuque Quelques cheveux s’envolent. Une odeur suave se dégage Tes yeux rivés sur la cime des arbres Suivent l’envol des feuilles d’automne. Tu m’aperçois au-delà, je te vois, plus loin….

Près de moi

Près de moi, sur un chemin Que nous connaissons bien. Ton regard se vide, Tes yeux deviennent brouillards. Ton esprit s’enfuit, mon âme vagabonde. Partis sur des territoires désertiques, Mes pas ne font plus de bruits. J’avance sans peine, sans réalité. Ton visage devient une ombre, Ton sourire, un tracé. Un doigt glisse au creux…

A vous,

Doux astre qui caresse mes sentiments Pourquoi dois-je vous contempler de si bas ? La nuit est une souffrance, où sans pouvoir agir Je vous vois passer entre mes mains La journée est une torture où même ma mémoire Ne peut combler tout mon désir que j’ai pour vous Je suis terrassé par une tumeur…