Pensées – 19 mars 2022

Et si…
Et si, la réincarnation ou la vie après la mort existaient réellement ? Et que ce phénomène serait tellement commun, usuel, qu’il est en réalité connu de tous.
Mais qu’à cause de notre quête de sens et notre désir d’ailleurs, nous avons cherché à le rendre plus merveilleux qu’il ne l’est vraiment.
Et si la réincarnation ou la vie après la mort ne pouvaient se résumer qu’à cette phrase, bien connue de tous : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

En effet quand on y pense, la planète Terre, notre maison, est âgée de quelques milliards d’années. Et même si pendant ces quelques milliards d’années quelques astéroïdes sont venus à sa rencontre (mais pas grand-chose face à la masse totale de la planète), on peut voir la Terre, à notre échelle, comme un immense bac à sable fermé. Où pour jouer, vous n’auriez que ce qui s’y trouve : pas le droit de vous débarrasser d’éléments ou d’en apporter de nouveau.

Par conséquent, tout ce qui se construit, née, vit, meurt aujourd’hui provient toujours des mêmes éléments se trouvant sur Terre.

Quand nous mourrons, notre corps se désagrège, il est mangé par des vers, décomposés par des bactéries, il perd son eau. Chacun prend sa part, construit ses propres fondations mais aussi sa descendance avec.
Les molécules sont cassées, redeviennent atomes, se forment en de nouvelles molécules.

De plus, tout vivant que nous sommes, nous perdons (et avons perdu) un nombre incalculable de cellules.
Nous subissons, sans réellement y réfléchir, l’expérience de pensée philosophique du bateau de Thésée.
C’est-à-dire : nos cellules mortes ont été évacuées, et ce qui a composé notre corps a été renouvelé. Et donc aujourd’hui combien reste-t-il encore d’éléments de notre corps qui datent de notre naissance ?
Bien sûr, nos organes sont toujours présents, mais ce qui les composent non. Ce serait comme une équipe de foot : l’équipe existe toujours, mais les joueurs ont changé.
C’est pourquoi dire : « je suis ce que je mange » est foncièrement vrai, puisque pour se renouveler notre corps se construit à partir de ce qu’on lui apporte.

Et donc quand on y réfléchit, la plante qui a poussé dans notre salon, l’oiseau qui vient picorer la terre de notre jardin, ne se sont-ils pas nourris, par extension, de ce que notre corps a évacué ? Nos peaux mortes ont peut-être servi de nourriture à un autre animal, qui a lui-même été mangé, etc… Donc n’y a-t-il pas un peu de nous dans cet étourneau que nous voyons ou cet arbre que nous côtoyons ?

Et inversement, n’avons-nous pas un peu de cet arbre ou étourneau en nous ?

Au-delà, puisque rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, toute la construction de notre corps, être, ne s’est-elle pas faîte à partir de d’autres êtres vivants ou matières ? Peut-être qu’en nous, nous avons de l’eau qui a couru sur l’Himalaya, qu’il y a un peu de peau morte d’Elvis ou même d’un diplodocus.

Si notre pensée est le résultat de courant électrique entre des neurones, lorsque tout s’éteint, ne continuons-nous pas d’être là mais sous une forme différente ?
L’ordinateur éteint reste un ordinateur.
L’ordinateur que l’on démonte, dont on enlève les composants pour les recycler, va servir à d’autres usages.
L’ordinateur qui se construit utilise des composants déjà utilisés, ou créés à partir de matériaux qui ont déjà été quelque chose d’autres.
L’ordinateur a donc été, puis s’est éparpillé pour participer à autre chose.

Tout ça pour dire, que ma conviction dans son essence est la suivante :
Lorsque nous mourrons, lorsque notre corps cesse de fonctionner en symbiose, alors tout le monde vient prendre sa part et transforme ce que nous avons été en une myriade d’autres choses.

D’une certaine manière nous continuons de vivre « après notre mort », nous nous « réincarnons » à travers ce qui vit.

Bref, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme,

Vous comme moi.

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