Au bitume chaud

Sur une route,
Au bitume chaud,
Au milieu des champs,
Et des chênes parsemés,
Nous nous dressons.

Main dans la main,
Pied nue pianotant,
Nos orteils tapotent
Pour échapper les tensions
De nos cous pliés,
De nos têtes penchées
Vers le ciel clair
D’une nuit étoilée.

Galaxies, planètes et nébuleuses,
Nos regards parcourent,
Courent le long des tracés clairs,
Cherchent à décompter,
Fixer l’infinité.

Sonnés,
Nous nous perdons.

Qui sommes-nous ?
Nous, face à l’immensité,
Aux géantes gazeuses,
Aux astéroïdes.
Que pouvons-nous, nous
A l’explosion des naines blanches ?
Au destin des novas ?

Quel est l’héritage d’une vie infime ?

Comme un frisson sur une corde,
A peine une onde,
Un souffle et tout s’efface,
Tout se perd,

Que vais-je laisser ?

C’est-à-dire que mes doigts glissent,
Là où ils devraient se serrer.
Ma langue se fige
Au lieu d’animer ;
D’adresser,
De mouvoir les mots,
De verbaliser.

Mais trop tard, déjà,
J’ai perdu le nous.
Comme un mirage,
Il s’est dissipé,
Effacés,
Comme si,
S’il n’avait jamais existé.

Je frissonne en dedans,
Il y a du vent,
Des turbulences.
Le froid investit,
Ce qui ne bat plus,
Ce qui s’échappe
A la déconvenue.

Dehors,
Je tiens,
Me maintiens,
Droit.

Laisser un commentaire