Il y a quelques choses de triste,
D’absurde,
Quelque chose qui nous saisit au cœur,
Nous plaque, nous foudroie,
Personne ne s’y attend,
Personne ne le souhaite,
Et pourtant,
C’est là,
Face à soi.
Nous aimerions le contourner,
Nous souhaiterions l’éviter,
Crier, hurler : va-t’en !
Va voir ailleurs !
Va saisir un autre,
Quelqu’un que je ne connais pas,
Quelqu’un que je n’aurais pas aimé,
Quelqu’un qui ne serait pas lui,
S’il te plait, je t’en prie,
Je t’en supplie !
Et pourtant,
C’est là,
Face à soi.
Le vide, l’absence,
Le manque,
La famine,
La perte de tout.
Et alors…
Et alors, il suffit d’une odeur,
D’un fruit, d’un bruit,
Pour que soudain il, tu reviennes,
Qu’une pièce vide s’illumine de ta présence,
Pour que dance à nouveau les balais de tes gestes.
Se joue à nouveau la symphonie de tes mots,
Et que toutes les lettres se répercutent sur les murs,
Rebondissent, rajeunissent et repartent
Comme si rien n’avait été, comme si tout avait continué,
Comme si, comme si, comme si le monde avait décidé,
Décidé que l’on ne pouvait vivre sans toi !
Sans toi, qui est parti,
Parti en me laissant là,
Seul,
Seul, face à moi,
A moitié perdu,
Au coin d’une rue que je ne connais pas.
C’est dur, tu sais,
Ça m’agrippe,
Mais…
Mais je crois que je m’y ferais.
Je crois que je t’ai bien connu,
Assez bien en tout cas pour me rappeler de toi,
Pour que ta présence ait laissé une empreinte en moi,
Pour que je puisse dire : sans lui, je ne serais pas moi,
Pas totalement en tout cas,
Et ce pas totalement, eh bien c’est toi.
Et c’est aussi pourquoi, je ne t’oublierais pas
Et que tu resteras,
Toujours,
Auprès de moi.