Publication Facebook du 23/09/2020
Bon, bon, ok. Je te pose la scène…
Le mec, il est bien ; pépère, tranquille. Il marche sur un chemin, avec une foulée funky.
Il a le groove dans les fessiers.
Ses pieds glissent sur la route, sans jamais s’y frotter – c’est pas un gars vulgaire, ses jambes ne lui servent pas à retourner la terre mais à la survoler ! –
Il a un bouquin sous le bras, un truc rempli de fantasy, où les gens sont comme nous mais dans un univers différent ; et bien sûr ça fait 3020 pages, pour le 1er tome.
Tandis que la musique conduit sa démarche chaloupée, il voit un banc libre à quelques mètres.
Pas de vieux avec leur petit chien en liberté, ni de mec « trop dark dans son âme » rivé sur son téléphone avec son hoodie noir, ni d’ailleurs de marquage pigeonnier, rien qu’un banc libre, là, comme un trône sans roi qui attend d’être réclamé.
Avec un sourire agrandit, il se dit que la vie est bien faîte et assoit son derrière rebondit. Petit râle de plaisir : « aaaah… J’suis bien… Oh oui, j’suis bien là… ».
Il ouvre le livre, police 8, feuille de cigare, il kiffe cet instant. Page après page, le monde s’écoule, le bonheur s’étend.
Viennent alors deux ombres liées, passent devant la lumière, main dans la main. Ils discutent comme deux êtres passionnés, le regard lié, comme si la vie avait pour centre leur amour infini.
Le gars regarde autour : ils sont partout, à droite, à gauche, sur d’autres bancs, en train de courir. Ils sont mains dans la main, main sur fessier, bras autour des épaules. Ils remplissent sa vision de leurs bisous, de leurs sourires infinis, comme s’il était à la source d’une cascade multicolore aux clapotis étincelants.
C’est beau l’amour, se dit-il, ce serait sympa de le partager… Oh ! pas un truc clinquant, avec des jantes 10 pouces, mais quelque chose de simple. Juste un truc qui ferait mhmhmmhmmhh…
Il commence à fredonner, à claquer des doigts.
Il a une contraction dans une fesse, puis dans l’autre, ça se propage dans les cuisses et le buste…
Il sent bien que ça vient, que ça veut éclater, alors d’un bond il se lève et commence à danser