Yes, yes, cap’taine

Il était une fille
Dont le coeur était étranger ;
Il voguait sur les mers loin,
Loin des nations sans liberté.

A 5 ans, elle s’enfuit,
Elle n’alla pas loin,
On l’attrapa
Au fond du jardin.

Elle jurait comme un cocher,
Courrait comme un voleur,
Parlait comme un élu,
Riait comme un bagnard.

A 10 ans, elle s’enfuit,
Elle alla plus loin,
On l’attrapa
Au village voisin.

Tous les vauriens
Étaient ses copains,
Elle était meneuse des durs à cuire,
Cap’taine aux cent navires.

A 14 ans, elle s’enfuit,
Elle alla au loin,
On l’attrapa
Habillée en marin.

Elle était fière,
Elle était futée,
Elle était forte,
Assez forte pour aimer l’humanité.

A 16 ans, elle s’enfuit,
Elle alla loin, très loin,
On ne l’attrapa pas
Et jamais elle ne revint.

Il était une dame,
Une enfant de l’océan
Jamais ses matelots n’eurent faims,
Ils avaient de l’or au bout des mains.

A 22 ans, elle était libre,
Elle voguait loin toujours plus loin,
On l’attrapa,
Elle fut pendue au matin.

A sa mort,
Elle demanda à Dieu de leur pardonner,
A ses marins de filer
Et au vent de toujours souffler.

Souffler pour que les enfants,
Dont le coeur est étranger,
Puissent voguer sur les mers loin,
Loin des nations sans liberté.

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