Simples mots dans la nuit

– Aaaaahhh !!!
– Qu’est ce qui se passe ? Qu’as-tu ? Pourquoi cries-tu dans la nuit ?!
– Je viens de faire un rêve… Il faut que je te parle, je dois te dire des choses avant qu’elles ne s’évanouissent. Je sens déjà le sommeil qui revient, il m’agrippe, il veut que j’y retourne. Mais pas déjà, pas maintenant, j’ai des choses à te dire. Des sentiments qui étaient restés accrochés en moi, comme des avions en papier pris dans des branches. Cela fait longtemps que je les lance, que je souhaite te les faire parvenir mais ils ont été saisis en plein vol par mes peurs. Oh si tu savais… Si tu savais ce que je ressens, ce que je vois en toi, ce que je perçois en nous. Tu es belle, tu es magnifique, je te vois là, dans le noir, scintillée comme une étoile pleine d’énergie. Je te vois avec tes rêves, tes passions, ton chemin pavé d’or, droite et fière, prête à avancer pour réaliser ce que tu souhaites. C’est merveilleux de te voir chaque jour vivre, heureuse si heureuse d’être là où tu es, à faire ce que tu fais. Et lorsque je me réveille le matin, lorsque la lumière perce à travers les volets, que je prends conscience de ta présence à côté de moi, c’est un second levé de soleil ! Je suis irradié, éclairé, chauffé de l’intérieur. Ce n’est pas douloureux, au contraire, c’est doux, c’est bienveillant, comme un câlin qui berce, qui enveloppe et qui embrasse. Je me sens bien avec toi. J’adore les moments que nous passons ensembles. Nos regards complices, nos mains qui se touchent, nos doigts qui s’apaisent et qui glissent. Ce petit rire qui est le tien, ces grands gestes que tu fais sans cesse. Tu es jolie à croquer et ton âme est encore plus belle. Même aveugle, je reconnaîtrais ta présence, une silhouette de lumière, une empreinte dans ce monde qui n’appartient qu’à toi. Ah… Si tu savais comme il m’est difficile de parler, de transcrire tout ce que je ressens comme je le ressens, il faudrait tous les arts pour s’approcher de la vérité… Mais cet homme dans ce rêve, il m’a dit d’essayer, il m’a dit qu’il fallait te parler, te dire à quel point je t’aime, avant qu’il ne soit trop tard et que nous ne parvenions plus à communiquer. Je suis désolé d’avoir mis autant de temps, je me disais que tu devais comprendre, que nous étions assez explicites l’un envers l’autre. Mais cet homme m’a dit qu’il ne fallait jamais arrêter, couper aucun pont, laisser la vie circuler. Et s’il me prenait l’envie soudainement de te dire : « je t’aime », qu’il ne fallait pas hésiter. J’ai sommeil… Je ne tiens plus… Tu as les joues humides, tu pleures ?
– Je t’aime

Laisser un commentaire