Il avait une chaise au café,
Ses habitudes au bar.
Il venait pour les concerts,
Dirigeait son regard vers la scène.
Il parlait peu,
Quelques mots pour commander,
Un merci quand on le servait.
Le reste passait par ses sourires,
Ses mouvements de mains
Et son délicieux regard brun.
Oh… Ma chère…
Je ne saurais vous le décrire autrement,
Il était pour moi une source de chaleur,
D’excitation, oui, de gène aussi ;
Il avait cette manière de me voir…
Comme si rien ne pouvait me cacher.
J’étais nue devant lui
Et il me regardait silencieux,
Un sourire au coin des yeux.
Jamais il ne vint me voir,
Ou ne me dit mot.
Je restais loin de lui,
A distance de son regard mutin,
De cet attirant regard brun.
Et puis un jour,
Un homme s’assit à côté de lui,
Bavard, éclatant, rieur, séducteur,
Il s’était approché et avait osé,
Ce que personne d’autre n’avait tenté :
Il lui avait parlé.
Trop loin pour que je les entende,
Je ne faisais que deviner,
Interpréter leurs regards complices.
Je m’imaginais des discussions d’ensorceleurs,
Des partages de secrets sur la meilleure manière de troubler,
De séduire le coeur d’une jeune femme,
Tel que le mien.
Les joues me brûlaient,
Mon corps s’échauffait,
J’avais la fièvre…
Je ne pouvais rester assise,
J’avais besoin de mouvements,
De suivre mes pulsions et de danser,
De bouger tous mes membres,
Dans une vague lente et répétée.
Envoutée, je me tourna vers lui
Dans le but de l’inviter.
Mais il était main dans la main
Avec celui qui avait osé.
Osé commettre le larcin
De mon fantasme au regard brun.