Je ne veux pas rentrer à la maison,
Pas encore, pas déjà.
Je veux continuer à louvoyer,
A souffler dans les voiles,
A virer de bord,
A ne suivre que mes intuitions.
Je ne veux pas de mon deux pièces,
De mes cuillères Ikéa,
Des lampes Castorama.
Je veux courir nu sous la lune,
Hurler comme un coyote,
Perdre mon esprit dans les étoiles.
Je veux embrasser l’immensité,
Ne jamais jeter l’ancre.
Je ne veux pas gagner
De l’argent, de l’estime,
Je veux être moi,
Sauvage, explorateur,
Les cheveux fous,
Les yeux dans le vague.
La terre est mon chemin
Et mes frères sont les humains.
Je ne veux pas de porte,
Ni de fenêtres ;
Tout est à moi,
Rien ne m’appartient.
Le vent doit circuler
Par courant d’air,
Les tempêtes doivent entrer,
Tomber les étagères
Avec les bouquins jamais ouverts,
Briser l’art des machines
Reproduit en millier d’exemplaires.
Entre nature, feuilles mortes et mauvaises herbes.
Venez bêtes poilues, rampantes
Vous que je craignais tant
Lorsque vous étiez en intérieur.
Je n’aurais plus peur, car
Je ne veux plus de toit, de murs,
Rien que ma peau et sa toison
Pour unique protection.
Je ne veux pas rentrer à la maison,
Me rappeler que j’avais un nom,
Une existence avec de précédentes décisions.