Scène 2
Assise à côté du piano,
Elle se souvient du billot
Ou moururent ces sans culottes.
Elle joue quelques notes.
Voilà ou conduit la liberté
A une nouvelle terre annexée.
L’esprit vague, le regard perdu.
Elle se redresse et continue.
Jamais elle ne finira dans les ténèbres
Ceci est sa marche funèbre.
Ses doigts dansent le long des touches
Et chaque note fait mouche.
Elle est debout dans une clairière,
Fredonne un petit air.
Il est là avec un grand sourire.
Elle ne peut répondre qu’avec un rire.
Il saisit sa main et la serre près de lui.
Un pas puis deux, il la conduit.
Oh triste sir, vous que la mort a fauché
Oh monsieur, mon aimé
Chaque nuit, je rêve de vous,
Votre fantôme qui me caresse la joue.
Je ne sais si je peux survivre,
Si je peux continuer à vivre.
Vous étiez mon âme,
L’arme qui me défendait de tout ce qui était infâme.
Oh mon amour, pourquoi m’avoir tant aimé
Si votre but était de me briser…
Au plus profond de l’obscurité,
Vit un être aux ailes enflammées.
Depuis des milliers d’années,
Il ne s’est jamais réveillé.
Il fait désormais parti de la légende,
Que seuls les enfants appréhendent.
Malgré la distance
Il entend cette conscience
Cette brillance
Qui perd sa substance.
Il ouvre les yeux,
Gronde sa colère
Et sort de terre,
Déchirant la montagne où il est prisonnier
Il s’envole décidé.
Jamais il ne pourra accepter
Que se résigne une âme indomptée.
Quitte à mourir mille fois,
Tout mérite de combattre pour sa foi.
De quelques battements,
Il traverse les mondes verdoyants.
Et d’un geste assassin
Pénètre en son sein.
Mais au lieu de la tuer
Son cœur s’est embrasé.
Une grande chose vient de renaître,
Un espoir que nul ne peut compromettre.
Son visage s’est transformé,
Ses larmes ont séché.
L’air décidé à en terminer
De ne jamais abandonner.
Tel le phénix, elle vient de ressusciter.