Sa Liberté – Acte 2 – Scène 2

Scène 2

Oh brave gente dame
Vous qui me confiâtes votre âme.
Chaque jour est une douleur
Un atroce supplice
Que vous transformez en délice.
Je suis et reste votre serviteur
Zélé, dévoué à cette noble cause
A ce bonheur grandiose
A cette douce lueur
Qui me rend meilleur.
Je prie chaque jour pour votre bonheur.
Soyez assuré de mes sentiments,
Votre humble courtisant.

Les bras écartés,
Les cheveux emmêlés,
Elle lit et relit ses billets.
Elle ne cesse de rayonner
Dans toute la maisonnée.
Dans un champ de céréales,
A l’entrée de la salle du bal,
Au milieu des plus belles fleurs,
Plus rien ne lui fait peur
Car il est de l’autre côté
A la dévisager.
Un bras dans le dos
Le torse bombé
Qu’il est beau
Son adoré.
D’un pas ailé,
Il vient la rencontrer.

A la proue d’un navire,
Son cœur chavire.
Elle sent l’embrun sur ses pommettes.
Une centaine de gouttelettes
Qui prennent la direction
De l’horizon.
Malgré la célérité
Folle et démesurée,
Elle n’est pas rassasiée.
D’une voix impériale,
Requiert une nouvelle voile.
Elle remplit ses poumons
De bonheur sans soumission.
Une baleine s’élève au loin
Son saut n’a pas de fin.
Un signe, une révérence,
Saluant la persévérance,
De la volonté perpétuelle
De toucher le ciel.

Elle se jette sur le pont.
Un matelot joue du violon.
Elle rit tant qu’elle a d’air.
Balance ses jambes en l’air.
Elle tourne et retourne.
Au doux chant
D’un aspirant.
Tous frappent du pied
Pour l’accompagner.

« Oyez, capitaine,
Gare à tes mitaines,
Que le grand requin te croque
Ou que tu le pourfends de l’estoc.
Oyez, brave dame,
Gare à tes palmes,
Neptune te poursuit
Car il jalouse ta vie.
Oyez, belle femme
Gare à ton âme
Que la grande faucheuse te damne
Et qu’elle t’emporte dans les flammes.
Oyez, belle amie
Gare à ta vie
Que l’homme fuit
Car il n’y a plus de place pour lui »

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