Sa Liberté – Acte 1 – Scène 3

Scène 3

Il chante fort,
Hurle à la faible vertu d’une pucelle
Que tous lui aurait grimpé sur les ailes.
Une hache sur l’épaule,
Il ne cesse sa ritournelle,
Jusqu’au moment, où il voit,
Une jeune dame à l’air pantois.
Adossée à un chêne,
Elle semble trôner en reine.
Il se confond en excuses
Elle rit de sa maladresse.
« Mademoiselle, êtes-vous perdue ? »
Elle est ici, parce qu’elle y est venue,
Qu’il ne cherche pas à la ramener,
Sinon elle ne cesserait de vouloir lui échapper.
« Mademoiselle, pourquoi avoir fui ? »
Parce qu’elle tient à sa vie,
A son bonheur, à sa liberté
Que l’on veut à tout prix lui voler.
Il tente de la convaincre,
De la persuader
Que son bonheur est à la clé.
Mais rien n’y fait, elle ne veut bouger.
Alors il part comme il était venu,
Certain d’avoir accompli
Ce que l’on pouvait attendre de lui.

Vint alors un pasteur,
Une bible contre le cœur.
A son tour, il veut la ramener
A cette terrible destinée.
Il cite les saintes écritures
Ce que les hommes ne peuvent jeter en pâture.
Mais l’air triste, le regard froid
Elle le renvoie.
Elle se blottit contre son chêne,
Le seul qui comprenne sa peine.
Des heures passent qui semblent des jours.
Elle se nourrit à une nouvelle cour,
S’abreuve de leurs discours.
S’imagine ambassadrice
D’une liberté impératrice.
C’est alors qu’aux abords du marais
Un homme aux pieds lents apparait.
Elle reconnait en lui le chevalier désespéré,
L’être que la guerre a dévoré.
Il s’assit près d’elle
Et respire tout comme elle.
Il ne demande pas
Car il comprend déjà.
Il sait ce que la vie contient d’ingrats.
Les yeux fermés, il parle alors.
Raconte l’histoire unicolore :
Un enfant nait d’un couple unit,
Le bonheur se transmet et la joie aussi.
C’est à son tour de donner au monde,
L’espérance d’une vie non pudibonde.

Ils parlent pendant des heures,
Sans que jamais, ils ne discutent de malheurs.
Elle se lève soudain,
Frotte sa robe du dos de la main.
Il lui tend les rênes.
Elle reprend le chemin du domaine.
Elle apparait face à sa destinée
Et annonce qu’elle s’y est résignée.

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