Scène 2
C’est une joie immense,
De porter l’enfance.
De continuer la lignée,
Des familles aux grandes épopées.
Procréer c’est le destin de toutes,
L’espoir de chacune.
Depuis des lunes,
Elles suivent la même route.
Le bonheur est à la clé,
Sachez en profiter.
Palabres et arguments vomissent,
Résonnent comme des maléfices.
Le regard perdu,
L’âme fendue.
Elle entend au loin un tambour.
Tout d’abord faible et sans bravoure,
Il prend de la puissance et de l’hardiesse,
Son cœur bat la caisse.
Une armée née de la trahison,
Une rébellion au dessein de révolution.
Elle sert les poings, se lève sans rage.
La tête haute, le regard plein de courage.
Elle suit la cohorte
Qui la mène à la porte.
Sûre et déterminée.
Ils crient n’avoir pas terminé,
Que tout doit être dévoilé.
Elle avance malgré tout,
Ravale son dégout.
Ils se disent ses parents
Mais n’ont jamais eu d’enfants.
Son âme en furie
La mène vers les écuries
Et sans un mot s’enfuit.
Poussé au galop, son cheval écume.
Elle l’imagine avec des plumes.
Un destrier ailé
Qu’elle veut voir s’élever
Au-dessus de la terre
Plus loin que l’univers.
Alors d’un grand coup de talon
Elle se voit au-dessus de la création.
Mais l’animal tremblant
S’arrête sur le champ.
Stoppé près de l’arbre millénaire,
Elle respire son air,
Aspire la sagesse séculaire.
Ses feuilles battent le vent
Comme mille instruments,
Un opéra au son de cathédrale
Endort le général tribal.
Ses rêves se remplissent de cauchemars,
De monstres aux regards noirs.
Ils l’entourent, la pressent
Mais d’un coup de pied les met en détresse.
Elle redresse la tête, défie l’ennemi
Et d’un mouvement de bras, les détruit.
Elle tourne au son du grand chêne,
Une mélodie qui contient la peine
De milliers d’autres au cœur tourmenté
Alors pour les oublier,
Elle danse, tourne encore et encore.
Elle semble ne plus vouloir s’arrêter,
Elle est libre de sa destiné,
Libre d’exécuter sa volonté.
Ce monde grave l’ennui.
Alors, elle rit.