Sa liberté – Acte 1 – Scène 1

Acte 1

Scène 1

A sa naissance,
Au lieu de pousser des cris,
Elle rit.
Le monde était dévasté,
Par les grandes guerres
D’un homme assoiffé.
Il rêvait chaque soir
De pouvoir s’asseoir
Sur tous les territoires.
Elle naquit dans la période
De l’ogre insatiable.
Dominance de gris,
Un brouillard inflammable
S’étendait depuis Paris.
Laconique dame, pauvre sir,
La vie n’avait jamais été pire.
Pourtant, quand elle respira,
La première fois.
Elle rit et ne pleura pas.

Ses mains caressent les épis de blés.
Sa chevelure emportée
Recherche dans le vent,
Une histoire sans précédent.
La nature s’emballe, le soleil explose,
Son cœur les rejoint en osmose.
Elle imagine une main tendue,
S’en saisit émue.
Chaque pas devient audace,
Elle défie désormais la grâce.
Le vent s’est arrêté pour la contempler.
Les yeux fermés,
Rien ne semble l’arrêter.
Elle tournoie, cabriole,
Semble être née pour danser.
Son corps est léger,
Son esprit libéré.
Elle vol au-dessus de l’Angleterre.
Traverse de quelques battements la mer.
Au nouveau monde,
L’espace de quelques secondes
Elle aperçoit la liberté,
Une beauté non souillée.
Puis doucement,
Elle redescend.
Revient aux vertes vallées
De sa fabuleuse contrée.
Le cœur haletant,
Le visage rougissant,
Une dame face à elle, attend.
« Mademoiselle, vos parents
Vous requièrent prestement »
Un sourire au bord des lèvres,
Elle suit sa préceptrice,
Mais elle ne peut se libérer de ses rêves.
Elle sautille et fredonne
Un air qui n’appartient à personne.

Son père riche terrien,
Sa mère fille d’olympien,
Attendent dans le grand salon
Avec l’air des grandes décisions.
On la fait asseoir,
Dresse l’assommoir.
Dans le plafond, il cherche une muse
Tandis qu’elle se perd en paroles confuses.
Pourtant dans l’inaudible
Elle perçoit un mot horrible.
Une immondice puante
Sortie d’une bouche dégoulinante.
Elle crache du pus
En inonde à perte de vue.
Son père tout d’abord silencieux,
Déclame que c’est aussi son vœu.
De fines larmes afflouent
Sur ses tendres joues.
On la prie de grandir.
Mais rien n’y fait, elle ne pense qu’à partir.
C’est alors que sans ambages,
Ils répètent ce terrible : mariage.

Laisser un commentaire