Où est la brise lorsque la tempête chasse sur son territoire ?
Participe-t-elle à sa colère ?
Veut-elle, elle aussi, perdre tout sens pour laisser éclater ses peurs ?
Ou,
Se cache-t-elle au fond d’une grotte, s’abreuvant des sources souterraines ?
Peut-être…
Peut-être, agit-elle comme moi.
Elle regarde ceux qui s’esclaffent,
Se détruisent, s’amusent, se cachent,
Assise à la lisière d’un bois.
Elle les dévisage car elle ne les comprend pas.
Pourquoi commencent-ils des gestes dont ils connaissent déjà la conclusion ?
Pourquoi jouent-ils des rôles au lieu d’être eux-mêmes ?
Pourquoi refusent-ils de suivre leurs instincts lui préférant la cogitation ?
Je ne les comprends pas,
Alors je les observe.
Je suis un loup, sans meute.
J’ai perdu les miens.
Je me reconnais à peine,
Est-ce vraiment mon museau que je vois dans ce reflet ?
Je vis dans les forêts anciennes,
Marche au milieu des arbres centenaires ;
Dont les feuilles s’égayent à la venue du vent.
Lui et moi, nous nous connaissons depuis longtemps,
Il apporte avec lui, les odeurs des mondes lointains.
J’ai rêvé un jour de les visiter,
Je me suis arrêté à l’orée du bois ;
Des humains étaient là.
L’un d’entre eux s’est approché,
A voulu me caresser.
Je l’ai mordu.
Je suis un loup,
Pas un chien domestiqué.
Je n’échange pas ma liberté
Contre un peu d’affection ou de quoi manger.
S’il veut que je marche à ses côtés,
Ce sera avec égalité.
J’ai lu la colère dans ses yeux.
Egoïste, petit humain.
T’ai-je blessé par mes crocs ou ma volonté d’exister ?
Les autres se sont reculés.
Je n’ai rien fait pour les calmer,
Ni les énerver.
J’ai léché le sang sur mes babines et m’en suis retourné.
Vous avez un goût amer.
Je suis un loup, sans meute.
Je suis seul
Car je n’ai jamais trouvé les miens.