Sur le banc de touche,
Il a toujours été remplaçant.
Saisons après saisons,
Ses fesses ont pris de la corne.
Il a vu les victoires, les défaites,
S’est exaspéré, s’est réjoui.
Il a voulu participer,
Se lever pour jouer.
Mais on l’a remis sur le banc,
« Toi, t’es que le remplaçant. »
Pourtant c’est pour lui !
Il le sait depuis toujours.
Qu’on le laisse essayer
Et il montrera ce qui est caché !
Pourquoi personne ne voit,
Pourquoi personne ne croit ?
De quoi a-t-on peur
Pour laisser tomber un joueur ?
Les deux pieds plantés,
Les jambes écartées,
Ils regardent le terrain
Et se dit :
« Tant pis…
Ils ne veulent pas de moi ?!
Alors je n’irais pas !
Qu’ils perdent
Ce qu’ils pensent n’avoir jamais gagné. »
Et il a beau se répéter,
Se convaincre,
Qu’il vaudrait mieux se tirer.
Il reste tout de même sur son banc,
Avec l’espoir d’un jour
Ne plus être le remplaçant.