La poursuite

Sans un bruit je me faufile dans les coursives du temps.
Invisible être, imperceptible vision.
Je n’ai plus de toi qu’un fantasme.
Image fixe, figée dans ma rétine.

Un corps nu sans illusions,
Des jambes bottées, les cheveux attachés.
Dans quel temps t’ai-je perdue ?

A l’oreille tu me susurrais de drôles d’histoires.
Des amours sans fin que les amants rêvent d’abréger.
Tu n’y avais jamais cru
Et pourtant…

Je cours le long d’une frise chronologique.
Plus d’âge, ni de raisons, tu es mon unique but.

« Mon doux, mon être, oublie moi !
Je vis à reculons, plus de passions.
Mon esprit s’assèche, ma mémoire s’efface.
C’est la fuite, la conclusion. »

Ma belle, mon ange,
Tu es près de moi,
Perdue dans ton passé.
La vie d’une petite fille embarrassée.
Alzheimer a pris ton nom.

Je te suis, attends-moi.
Je poursuis ton histoire,
A la recherche de celle que j’ai perdue.

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