Où va le vent, je le suis.
Poussée par l’envie et la folie
Sans grand bruit je détruis
Ce qu’avec grand fracas on a construit.
Qu’importe le temps puisque j’oublie.
Riez de moi mais pleurez pour lui;
Car dans ses rêves il ourdit,
Elabore, fomente, planifie,
Tout ça pour m’avoir dans son lit.
Je suis la pleureuse du samedi,
La destructrice des envies.
J’apparais dans la nuit,
Me faufile dans vos appétits
Et sans hardiesse j’ôte la vie.
Dans son désir il m’a déjà prise :
« Un simple regard et je suis conquise. »
Il me faudrait déjà être éprise.
Certes ses grands bras me maîtrisent
Mais lorsqu’il faut braver la brise
Son fier mat agonise.
S’il croit que je reprise
Comme toutes ces soumises !
Je brûlerais ses chemises,
Le noierais dans ses vestes grises.
Je suis l’amertume du lundi,
La cause des épidémies.
Je me faufile dans votre patrie
Et d’une simple envie
Je répands la maladie.
Maintenant, laissez-moi partir.
De ce monde, je n’en vois aucun avenir.
J’entends ces âmes qui soupirent
A chaque pas je les sens vieillir.
Avez-vous oublié de mugir,
De bondir, de resplendir !
Qu’importe, la myrrhe, cachemire, saphirs,
Tout cela, je le laisse pourrir
Car seul compte la liberté de fuir.
Je suis la dame du mercredi
A qui l’on sourit
Car l’on sait tous ici
Qu’elle mène un drôle de train de vie.
Cette joyeuse qui fait oublier les soucis.