Je suis mort un vendredi

Je suis mort un vendredi.
Le sang avait un goût de plomb
Et les rêves s’écrasaient sur le béton.

Bang bang
Voilà tout ce que j’ai entendu
Bang bang
J’étais déjà au sol
Bang bang
Une boite de sapin glissait sur le goudron

Tire ! Tire !! Tire !!!
Et vois !
Tire ! Tire !! Tire !!!
Et contemple !
Tire ! Tire !! Tire !!!
Regarde comment meurt un homme libre !

Je n’ai peur de rien,
J’affronte mon destin,
La vie n’a pas de fin.
Tu m’abats je ressuscite
Il n’y a pas de plus belle réussite
Que de finir aussi vite.

Tu es face à moi.
Je ne ressens rien.
Tu pointes ton arme.
Je ne fais que sourire.
Tu serres les dents.
Je te regarde dans les yeux.
Tu trembles.
J’écarte les bras.
Tu fermes les yeux,
Pleine de peur.
Je ferme les miens,
Plein de rêves.

Elle s’est arrêtée devant moi.
Le regard rempli de larmes.
Je ne dis rien.
Elle parle sans cesse.
La bouche emplie de haine.
Je ne dis rien.
Elle frappe du pied
Voulant détruire la terre.
Je ne dis rien.
Elle hurle et devient rouge.
Le temps n’est plus aux larmes.
Elle m’agrippe, elle me pousse.
Je ne suis déjà plus là.
Elle sort une arme.

Je regarde les couleurs
Que la vie était grise…
Je vois la nuit étoilée
Que mes rêves étaient loin…
J’entends le monde se presser
Que le bonheur avait perdu son vrai sens…
La pluie glisse sur mes joues
Que le vent est doux…
Enfin je vis.
Enfin, je suis.
Mais elle surgit.

Les mains dans les poches.
Je suis libre.
Plus d’ombre dans la mienne.
Je suis libre.
Plus de gloussements.
Je suis libre.
Plus de mots sans sens.
Je suis libre.
Plus de rêves partagés.
Je suis libre.
Libre ! Libre !! Libre !!

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