Le fil

Poème

L’étoile du berger

J’ai perdu mon étoile du berger
L’astre qui me guidait.
Je tourne en rond
A la recherche d’une lumière de substitution.
Mais tu es l’unique fabrication,
Ma seule addiction.
Peine perdue pour une maigre consolation,
Je cherche dans les autres
Des éléments de contrefaçons.

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Poème

La poursuite

Sans un bruit je me faufile dans les coursives du temps.
Invisible être, imperceptible vision.
Je n’ai plus de toi qu’un fantasme.
Image fixe, figée dans ma rétine.

Un corps nu sans illusions,
Des jambes bottées, les cheveux attachés.
Dans quel temps t’ai-je perdue ?

A l’oreille tu me susurrais de drôles d’histoires.
Des amours sans fin que les amants rêvent d’abréger.
Tu n’y avais jamais cru
Et pourtant…

Je cours le long d’une frise chronologique.…

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Poème

Brûlé par une étoile – Chapitre 2

Je naquis à l’aube de l’horizon
Lorsque poignaient les premières passions.
Toujours révolté et insatisfait
D’un monde tellement imparfait,
Je me voyais déjà le roi du monde
L’architecte d’une forme plus ronde.
Et puis elle apparut dans mon sillage
L’air affamé comme si j’avais l’âge
Je tentais de m’enfuir, de la leurrer
Rien n’y fit, elle restait à mes côtés
Je voulus la domestiquer alors
Mais comment peut-on amadouer la mort ?…

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Poème

Big bang

Ne pas oublier le passé, pour ne pas le revivre
Ne jamais pleurer de ce qui fut, cela est déjà mort
Ne rien regretter, parce que vous en venez
Toujours chercher à grandir, qu’importe sa taille
Être meilleur non pour soi, mais pour celui que vous avez été
Prendre le temps de vivre cet instant, oubliez qu’il en est un
S’asseoir à une table, écoutez ceux qui ne seront plus…

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Poème

Les yeux bleus

Je me battrai jusqu’à m’étouffer d’ennemis,
Je trancherais jusqu’à me noyer dans le sang,
Je clouerais au sol les anges du paradis,
Je couperais les têtes des rois éminents,

Je hurlerais ma rage dans la nuit sans son,
Je crierais ma peine dans ce monde sans fond,
Je déroberais l’éclat de toutes les pierres,
Je dépouillerais la vie de toutes les terres,

Je peindrais la lumière du ciel étoilé,
Je sculpterais de marbre le corps d’Aphrodite,…

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Poème

La liberté qui s’envie

Je suis née pour courir, née pour fuir,
Où va le vent, je le suis.
Poussée par l’envie et la folie
Sans grand bruit je détruis
Ce qu’avec grand fracas on a construit.
Qu’importe le temps puisque j’oublie.
Riez de moi mais pleurez pour lui;
Car dans ses rêves il ourdit,
Elabore, fomente, planifie,
Tout ça pour m’avoir dans son lit.

Je suis la pleureuse du samedi,
La destructrice des envies.…

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Poème

L’accordéon

Mes doigts vivotent sur une machine à écrire.
Ils prennent vie, libérer de mon esprit.
Une mélodie emplit cette petite pièce,
D’abord lointaine comme un accordéon sur un Boulevard de Paris.
Une piètre apparence, le sourire jaune, le regard vilain.
Il n’offre sa musique qu’aux belles femmes,
Rousses, brunes, blondes
Que lui emporte la crinière
Tant qu’elles rugissent de ses manières.
Lubrique, vieux matelot sans port,
Éternellement sur la voile,…

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Poème

Qui suis-je ?

Alors que le monde s’écroule
Etouffé par sa propre vanité.
Alors que les hommes apprennent à s’assoir
Au lieu d’apprendre à marcher.
Alors que la fin est devenue l’espoir
Et le début, une simple réalité.
Alors qu’on suit une histoire
Une trame déjà narrée.
Alors qu’il n’y a plus de place
Pour les erreurs du passé.
Alors que la volonté s’efface devant le devoir.
Alors que l’amour ne réside plus que dans le désir.…

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Poème

Le banquet

Une bouchée puis deux,
J’avale tout ce qui n’a pas d’yeux.
Frits, confis, rôtis,
Je tourne en broche
Toute la bidoche.
Maman disait
Manger c’est la vie
Trop, ça vous la pourrit.
Alors je crème, je sauce,
J’arrose, j’assaisonne.
Il n’y a plus de mets
Qui ne finissent en filet.
Maman,
Plus rien n’arrête mes dents.
Je beurre ma laitue,
J’huile mes morues,
Je farci mes carottes,
Je saute ma lotte.…

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Poème

La mort de l’empire

Je fixe cet astre rougeoyant
Qui du ciel est roi éternel.
Il me brûle de ses rayons ardents,
En me clouant les ailes.

Autour de moi, les morts s’éveillent,
S’étirent, baillent et se lèvent.
Les ombres grandissantes s’allongent
Et s’emparent de mon empire de songes.

Les vautours tournoient dans l’azur,
Attirés par ces milliers de corps.
Ils piquent, arrachent les cœurs,
Portent tripes pour seule parure.

Mon esprit s’éloigne et divague…

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